Budget 2011 : suppression des exonérations de charges
Budget 2011 : suppression des exonérations de cotisations patronales dans les services à domicile et à la personne : le coup de grâce pour un secteur déjà à bout de souffle?
Dans Les Echos du 6 juillet, François Baroin, ministre du Budget, des Comptes publics et de la Réforme de l’Etat, remet en cause les exonérations de cotisations patronales dans le secteur des services à la personne et d’aide à domicile.
Les organisations associatives dénoncent cette mesure qui vient une nouvelle fois fragiliser le secteur, l’un des seuls actuellement à être créateur d’emploi : rappelons que 390 000 emplois ont été créés en 5 ans (BIPE oct.2009) et qu’aujourd’hui, 2 millions de professionnels exercent dans l’univers des services à domicile et à la personne.
Si les organisations signataires de ce communiqué soulignent le maintien des exonérations fiscales, elles alertent sur le fait qu’elles ne seront en aucun cas suffisantes pour aider les personnes et les familles qui en ont besoin et maintenir les milliers d’emplois. Elles demandent à minima le maintien de l’ensemble des exonérations au niveau actuel, afin que les structures d’aide à domicile puissent continuer leur activité.
Depuis plusieurs mois déjà, les organisations du secteur des services à domicile et à la personne alertent les pouvoirs publics sur les grandes difficultés des structures d’aide à domicile. Mais l’analyse consensuelle partagée par la quarantaine d’organisations présentes lors de la table ronde de décembre dernier sur l’extrême gravité de cette situation n’a manifestement pas suffi aux pouvoirs publics pour prendre la mesure de l’urgence. Ces derniers semblent même aujourd’hui prendre le contre-pied de ce constat, en fragilisant le développement des services à la personne.
Ce secteur regroupe un ensemble d’activités indispensables pour de très nombreuses familles et personnes en France. Ces services permettent aux personnes âgées en perte d’autonomie, handicapées ou malades, de vivre chez elles le plus longtemps possible en leur apportant une aide quotidienne pour se lever, se laver ou encore faire leurs courses.
De même, les services la personne sont aussi utiles à l’amélioration de la vie de nos concitoyens avec un accompagnement pour la garde d’enfants, l’entretien de la maison, l’assistance informatique, le soutien scolaire, le petit bricolage, le jardinage…permettant, par là même, d’apporter des solutionsconcrètes au vieillissement de la population, et aux nouveaux choix de vie entre équilibre de vie professionnelle et vie personnelle.
En venant s’ajouter aux problèmes de financement déjà inquiétants, ces nouvelles mesures précipiteraient la fermeture de nombreuses structures et entreprises de services à domicile.
Rappelons qu’au-delà même de l’impact de ces nouvelles mesures, 60 000 personnes fragiles sont déjà menacées de n’avoir plus d’aide, et 10 000 salariés risquent de perdre leur emploi.
La question est simple : les pouvoirs publics souhaitent-ils soutenir ces activités et la mission d’utilité sociale à laquelle beaucoup de structures participent, en permettant notamment de créer des emplois,
et de lutter par là même contre le travail au noir ; ou ont-ils décidé de provoquer la suppression de milliers d’emplois non délocalisables et d’abandonner leur propre mission en laissant des milliers de personnes et de familles sans aide ?
L’ensemble des organisations signataires interpelle le Gouvernement pour qu’il prenne la mesure de l’urgence en renonçant à cette remise en cause des exonérations et en donnant par là-même un signe fort pour le secteur des services à domicile et de l’aide à domicile.
Contacts presse des organisations signataires :
- UNA : Mélodie Deneuve - m.deneuve@una.fr - Tél. : 01 49 23 82 57
- ADESSA A DOMICILE : Agnès Gorczyca - a.gorczyca@adessadomicile.org - Tél. : 01.44.52.82.50
- APF : Evelyne Weymann : 01 40 78 56 59 - 06 89 74 97 37
& Sylvaine Séré de Rivières : 01 40 78 69 60 - 06 07 40 16 65 - FNAAFP/CSF : Jean-Laurent Clochard - jlclochard@fnaafp.org - Tél. : 01.44.89.86.86
- UNADMR : Annie Morel - amorel@admr.org - Tél. : 01 44 65 55 46
Cinquième risque - assurance dependance : plus de cohérence entre le public et le privé
Xavier Darcos, ministre du Travail et de la Solidarité, a précisé, le 10 mars dernier, la position du gouvernement sur la protection de la dépendance lors de la journée "Dépendance - 5e risque, assurance, services et hébergement : l'heure des choix", organisée par Les Echos et Le Quotidien du médecin. Toutes les modalités sont loin d’être arrêtées.
Le ministre du Travail et de la Solidarité a indiqué que les aspects législatifs figureraient "peut-être dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale" pour 2011. Soit à l’automne 2011.
Dans l’entretien qu’il a accordé au Figaro Magazine du 12 mars 2010, Nicolas Sarkozy indique qu'"à l'automne, après la réforme des retraites, nous engagerons la concertation pour la dépendance". Etant donné qu’une discussion de cette ampleur dépassera forcément les délais légaux 2010, le report à 2011 du projet de loi semble probable.
Sur le fond, le ministre du Travail a rappelé que "80% des personnes hébergées ont un revenu, hors revenu patrimonial, inférieur au coût d'une maison de retraite, ce qui peut demander aux familles un effort considérable".
Face à cette situation, le gouvernement entend mobiliser simultanément trois leviers de financement.
Le premier est la solidarité nationale, "qui doit rester un pilier essentiel". Sur ce point, Xavier Darcos est revenu sur la nécessité de renforcer la péréquation financière entre départements et d'"optimiser la gestion de l'APA" (allocation personnalisée d'autonomie. Bruno Arbouet de l'ANSP, agence nationale des services à la personne pointe 15 à 25% d'APA indue.)
La mission confiée sur ce point à Pierre Jamet, directeur général des services du Rhône, devrait rendre ses conclusions à la mi-avril.
Mais la péréquation est, par définition, un jeu à somme nulle. Le gouvernement envisage donc de faire également appel à la solidarité familiale, "la plus naturelle de toutes les solidarités". Il a souligné sa volonté de "réfléchir aux pistes permettant de la renforcer, en n'hésitant pas à poser par exemple la question du rôle que peut jouer le patrimoine pour contribuer à ce soutien". Xavier Darcos s'est également déclaré à nouveau favorable à un financement assurantiel et s'est dit "ouvert à toutes les solutions innovantes, comme celle d'établir avec les assureurs un partenariat public-privé".
Il a toutefois précisé qu'un encouragement à la souscription de contrats d'assurance dépendance devrait s'entourer de deux garanties : d'une part, assurer la fiabilité des contrats et notamment leur labellisation ; d'autre part, veiller à une articulation cohérente entre les couvertures offertes par la solidarité nationale et celles apportées par la prévoyance individuelle ou collective.
Il faudra pour cela résoudre "quelques difficultés techniques", comme la définition de grilles d'évaluation communes (AGGIR, AVQ....) et la mise en place de dispositifs de validation de ces évaluations. Le second est chargé de réfléchir aux garanties à prévoir dans les contrats : modalités de la sélection médicale, périodes de carence et de franchise, règles de revalorisation des rentes, conditions de transférabilité... Ce second groupe doit également élaborer un cahier des charges pour la labellisation des contrats.
Xavier Darcos a précisé que les résultats de ces travaux "ne préjugent en rien du niveau de la couverture publique que nous retiendrons à l'issue des discussions de la fin de l'année".
Face aux réalités financières, aux équilibres budgétaires, Xavier Darcos ne veut pas d'un "5ème risque sous forme de 5ème déficit".
Un second plan cancer
A propos du plan Cancer II, Nicolas Sarkozy s’est dit «déterminé à mettre les moyens» pour lutter contre cette maladie qui «peut tomber sur chacun, moi y compris». Le Président a ainsi annoncé qu’il allait débloquer une enveloppe de 750 millions d'euros pour ce nouveau «plan cancer» (2009-2013). Ce dernier a trois objectifs, la prévention, les soins, et la vie après le cancer, mais les moyens pour y parvenir n’ont, en majorité, pas été précisés.
La prévention
Elle est l'axe majeur de ce plan, entre observation pour prévenir les facteurs de risques, réduction des inégalités face à la maladie et mesures pour lutter contre le tabagisme et l’alcoolisme.
Principale mesure, 15% du budget «recherche» de ce plan seront consacrés à l'étude des «risques comportementaux et environnementaux». Selon le chef de l'Etat, il faut «étudier davantage les effets à long terme des expositions, même à faible dose, à certains agents chimique, biologique ou physique».
Prenant l’exemple de l’obésité comme facteur aggravant de risque de développer un cancer, le chef de l’Etat a indiqué que le gouvernement devait continuer la prévention en la matière, mais aussi favoriser l’accès à l'activité physique, moyen de prévenir l’apparition de la maladie. Et le chef de l'Etat de spécifier que «l'activité physique ne doit pas être réservée aux plus riches».
Car la réduction des inégalités est une «priorité transversale» de toutes les phases du plan. Nicolas Sarkozy s'est ému qu’il y ait «deux fois plus de risques pour les ouvriers entre 30 et 65 ans d'attraper le cancer» que pour les catégories sociaux professionnelles supérieures. Il a annoncé «d'ici à la fin de l'année» la «mise en place d'un plan d'action qui nous permettra d'infléchir les inégalités face au cancer», sans en préciser les termes.
Côté annonces sur le tabac, le Président a rappelé l’augmentation de 6% du prix du paquet de cigarettes à compter du 9 novembre prochain. Il a également indiqué qu’autoriser la vente de cigarettes sur Internet n’avait «aucun sens», et réaffirmé l'importance de l'interdiction de vente de tabac et d'alcool aux mineurs.
Nicolas Sarkozy a enfin souligné qu’«en 2011 la quantité d'alcool devra être indiquée sur chaque bouteille», et précisé que «les centres venant en aide aux personnes en difficulté avec l'alcool verront leurs moyens renforcés». Il a évoqué en outre le travail «très intéressant» fait «par les alcooliques anonymes», qui, à ses yeux, «ne sont pas assez mis en valeur en France», en promettant des aides qui n'ont pas été détaillées.
Les soins
Nicolas Sarkozy veut que «ceux qui seront malades dans 10 ans, dans 20 ans puissent bénéficier des meilleurs soins possibles», et a ainsi annoncé la création de cinq sites pluridisciplinaires, qui travailleront en réseau et au niveau européen, pour accélérer le transfert des avancées de la recherche au bénéfice des malades.
Le chef de l’Etat a souhaité une augmentation de 20% du nombre de spécialistes. Il veut que plus «d'oncologues, de radiologues, d'hématologues» soient formés, notamment dans les régions les plus fragiles. Il a également déclaré que «74 machines à IRM supplémentaires» seraient installées, «dont 39 dans les 10 régions ayant la mortalité pour cancer la plus élevée».
La vie après le cancer
C’était la promesse la plus attendue. Nicolas Sarkozy a affiché sa volonté de favoriser l'accès à l'emprunt et à l'assurance pour les personnes «sorties de la maladie. «Je trouve ça injuste qu'un malade en plus d'affronter la maladie ne puisse pas faire de projets», a-t-il confessé.
Il a ainsi promis «d'élever la voix» contre «les assureurs et les établissements de crédit», et demandé un renouvellement de la Convention «Assurer et emprunter avec un risque aggravé de santé» (AERAS). Cette dernière a été instituée par le premier plan cancer, et est signée les pouvoirs publics, les fédérations professionnelles de la banque, de l'assurance et de la mutualité et les associations de malades et de consommateurs.
Bémol, cependant, le Président a semblé en accord avec la proposition du plan de financement de la Sécurité sociale, qui veut que les malades qui n'ont plus de traitement lourd depuis cinq ans sortent d’office du dispositif d’ALD (dispositif des affections de longue durée), qui permet une prise en charge totale des soins par la Sécurité sociale. Une disposition contestée par Michèle Delaunay, députée PS et cancérologue, qui rappelle qu’être en rémission ne signifie pas être guéri.
Un système de financement à bout de souffle
UNA dénonce un système à bout de souffle et demande l’organisation d’une table-ronde nationale avec les financeurs de l’aide à domicile
A l’occasion du Conseil extraordinaire de la CNSA (Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie) de cette semaine, mardi 20 octobre, André Flageul, président d’UNA, a pris la parole pour dénoncer un système de financement de l’aide à domicile qui a atteint ses limites et met de nombreuses structures en péril. Rappelons, si besoin, qu’il en va de l’aide aux personnes fragiles en France et de milliers d’emplois.
En présence, entre autres, des ministres Monsieur Xavier Darcos, Mesdames Nadine Morano et Nora Berra, ainsi que des représentants des Conseils généraux et de la CNAV, M. Flageul en a appelé à la responsabilité des pouvoirs publics, en demandant l’organisation d’une table ronde avec les financeurs dans les très prochaines semaines.
Ce n’est pas faute de le répéter : le secteur de l’aide à domicile connait de graves difficultés financières. A ce jour, de nombreuses structures du réseau UNA font état de problèmes de financement sans précédent : la situation s’annonce explosive en 2010.
Cette situation est le résultat d’un système de financement qui comporte à la base de nombreux dysfonctionnements, dont l’absence d’une autorité de régulation. Et tandis que les Conseils généraux ont chacun une lecture différente de la loi du 2 janvier 2002 (qui institue un système de tarification des services prenant en compte les coûts réels de chaque structure), la CNAV (Caisse nationale d’assurance vieillesse) a tout simplement décidé de l’ignorer. Le désengagement progressif de l’Etat (avec une baisse de sa participation de 50% à 30% pour les versements APA et PCH1) finit de compliquer la situation en provoquant un engorgement intenable pour les Conseils généraux, alors même que les besoins démographiques et sociaux sont croissants.
Gérard Larcher lui-même, président du Sénat, déclarait ce mercredi 14 octobre « [que] d'ici quelques années, une quinzaine de départements vont se retrouver en situation de rupture de charge financière en terme de financement de la dépendance ».
Pour UNA, le système a aujourd’hui atteint ses limites. Les pouvoirs publics se doivent de prendre leurs responsabilités et assumer les coûts liés aux exigences de professionnalisation des personnels et de qualité des prestations, particulièrement incontournables dans le cadre d’interventions auprès de personnes fragiles.
Dans ce contexte d’extrême tension, André Flageul demande l’organisation d’une table-ronde nationale avec les différents financeurs, afin de trouver des solutions concrètes et pérennes.
Parallèlement dans les prochains mois, le réseau UNA se mobilisera fortement pour continuer d’alerter les pouvoirs publics sur cette situation critique et pour sensibiliser l’opinion publique sur cette question de société.
200 euros en CESU pour 1,3 million de foyers modestes
La distribution de CESU de 200 euros pour permettre à 1,3 million de foyers modestes d'acheter des services à la personne (ménage, garde d'enfant, aide aux personnes âgées, etc.) débute mardi et devrait s'étaler sur un mois. La distribution de ces Cesu préfinancés par l'État avait été annoncée par Nicolas Sarkozy, lors du sommet social du 18 février 2009, pour permettre aux familles en difficulté en raison de la crise, de payer auprès de prestataires entre 10 et 20 heures de services comme de l'aide à domicile, du ménage, ou encore du soutien scolaire. Il s'agit d'une distribution ponctuelle qui n'est pas appelée à être pérennisée.
"Ces bons d'achat" de services à la personne seront notamment distribués aux 660.000 personnes âgées dépendantes bénéficiant au 1er mars 2009 de l'aide personnalisée à l'autonomie (APA), aux 140.000 foyers bénéficiaires entre janvier et mars de l'allocation d'éducation de l'enfant handicapé (AEEH) et aux 550.000 familles bénéficiaires du complément de mode de garde entre janvier et mars 2009.
UNA PARIS est ces adhérents sont présents et au service des bénéficiaires de ces CESU ! N'hésitez pas à nosu contacter !
UNA présente ses propositions de modifications au Projet de Loi "Hôpital, Patients, Santé, Territoires"
UNA présente ses propositions de modifications au Projet de Loi "Hôpital, Patients, Santé, Territoires"
1er réseau français d’aide, de soins et de services à domicile, UNA représente 147 000 professionnels de la santé et du médico-social, au plus proche des réalités de terrain. Ainsi, UNA fédère des Centres de Soins Infirmiers (CSI), des Services de Soins Infirmiers à Domicile (SSIAD), des Services d’Aide et d’Accompagnement à Domicile (SAAD), des Services Polyvalents d’Aide, de Soins, et d’accompagnement à Domicile (SPASAD), des Accueils de Jour (ADJ), des services de Gardes Itinérantes (GI), etc. : directement concernés par le projet de loi « Hôpital, Patients, Santé et Territoires ».
UNA se félicite du rapprochement initié dans ce projet de loi entre le secteur sanitaire et le secteur social et médico-social : l’élargissement prévu des groupements de coopération sanitaires aux établissements et services médico-sociaux en témoigne (article 13). Si ce projet de loi a le mérite d’encourager la coopération de l’ensemble des professionnels concernés, il est également essentiel, selon UNA, qu’il défende les spécificités du champ social et médico-social ainsi que les modalités de collaboration entre les différents acteurs.
A ce titre, et en tant que mouvement militant du secteur de l’économie sociale et solidaire, UNA entend être reconnu comme un acteur à part entière de l’élaboration et de la mise en œuvre des dispositifs du projet de loi en cours.
Télécharger la note des propositions UNA
La situation financière des structures devient critique, alerte par UNA
UNA attendait beaucoup de la mise en place du 5e risque de protection sociale, pour qu’enfin soit prise en considération la problématique du domicile, que ce soit en terme de prise en charge des personnes en perte d’autonomie ou en terme du financement des structures d’aide à domicile.
Aujourd’hui le projet de loi est toujours dans les cartons, tandis que la situation financière des structures d’aide à domicile ne cesse de s’aggraver : non prise en compte du coût réels des prestations par certains Conseils généraux dans leur tarification, maintien du tarif unique de la Cnav… UNA souhaite donc que, sans attendre le 5e risque, 2009 soit une année de dialogue et d’avancées concrètes avec les principaux financeurs du maintien à domicile.
UNA, qui représente plus de 1200 structures d’aide à domicile en France métropolitaine comme en outre-mer, constate aujourd’hui que de plus en plus de ses adhérents rencontrent des problèmes important de financements, principalement de 2 ordres :
- La prise en compte des coûts économiques et sociaux réels des structures d’aide à domicile par les financeurs dans leur tarification, en particulier les conseils généraux, reste encore trop souvent aléatoire, au gré des territoires, et cela malgré les règles fixées par la loi du 2 janvier 2002 dans le cadre du régime de l’autorisation. Les services d’aide et d’accompagnement à domicile – paradoxe insupportable – paient ainsi parfois le prix fort pour leurs efforts en matière de formation de leur personnel et d’engagement qualité auprès de leurs bénéficiaires.
- Il en est de même pour la prestation d’aide ménagère financée par la Cnav : UNA demande depuis plus de 10 ans de sortir du tarif unique afin que son financement soit juste et pertinent. Il s’agit selon UNA, pour la Cnav, soit d’adopter un tarif différencié par structure pour tenir compte de la qualité des prestations et du taux d’encadrement des personnels, soit d’accepter que son taux de participation soit effectivement un taux laissant la possibilité aux structures de facturer la différence de coût aux bénéficiaires.
De nombreux départements sont concernés : l’Eure, le Finistère, … et bientôt d’autres encore si rien n’est fait pour changer cette situation. L’exigence de qualité et de professionnalisation que les pouvoirs publics appellent de leurs vœux pour la prise en charge des personnes dépendantes à leur domicile ne peut se faire sans une reconnaissance des coûts associés ; ni par ailleurs la structuration d’un secteur qui, avec 132 000 emplois créés en 2007, est l’un des tout premiers créateurs d’emplois en France. Les difficultés de certaines des structures d’aide à domicile risquent d’ailleurs de se traduire par des suppressions d’emplois.
Cinquième risque : les annonces du gouvernement
Xavier Bertrand et Valérie Létard ont présenté, le 28 mai, les premières orientations du "cinquième risque" pour préparer la France au défi de la dépendance.
La prise en charge de la dépendance sera de plus en plus lourde : les personnes âgées de plus de 85 ans, qui sont aujourd’hui 1,3 millions, seront deux millions en 2015. La prise en charge continuera de reposer sur la solidarité nationale, sans prélèvement supplémentaire. L’action en faveur de l’autonomie s’élève actuellement à 19 milliards par an.
Ce budget comprend :
- des prestations de santé : médecins des maisons de retraite, soins infirmiers à domicile... ;
- des prestations : l’allocation personnalisée pour l’autonomie des personnes âgées et la prestation de compensation du handicap.
Le Gouvernement veut mettre en oeuvre un "droit universel" à un "plan personnalisé de compensation pour l’autonomie". Ce droit permettra d’évaluer les biens et services adaptés à chaque situation : aide ménagère, déambulateur ou aménagement d’une salle de bain...
Les personnes âgées pourront rester à domicile ou non. Les orientations reposent sur le principe fondamental de la liberté de choix.
Alléger la charge financière des familles
Le Gouvernement souhaite accélérer le programme de création de places dans les maisons de retraite. Quelque 7500 places seront créées cette année avec deux priorités : réduire les délais de placement et limiter le "reste à charge" assumé par les familles.
Un plan pluriannuel de création de places sera aussi prochainement lancé pour les établissements et services en charge de personnes lourdement handicapées : autisme, polyhandicap, troubles graves du comportement...
La tarification des maisons de retraite sera revue. Les aides de l’État iront en priorité aux personnes qui en ont le plus besoin. Le Gouvernement entend réformer l’APA en couvrant davantage les plus faibles revenus.
Pérenniser le financement du cinquième risque
Pour financer cet effort, l’Etat s’appuiera sur la solidarité nationale tout en faisant appel à la prévoyance individuelle et collective (assurances, mutuelles, institutions de prévoyance). Un partenariat public-privé pourrait être mis en place avec ces organismes.
Le projet de loi devrait être présenté devant le Parlement fin 2008 ou au début de l’année 2009 pour une mise en route le plus tôt possible en 2009.
Manifestation de retraités
L'appel à manifester pour défendre "l'avenir des retraites" a réuni plusieurs milliers de personnes à Paris et dans toute la France (lancé par les syndicats CGT, FSU et Solidaires). Les autres syndicats, qui s'opposent également au probable allongement à 41 ans de la durée de cotisation, ne s'étaient pas joints au mouvement. La CFDT, en particulier, se dit prête à mobiliser ses adhérents, mais elle attend que le gouvernement dévoile ses projets, ce qu'il s'est engagé à faire d'ici à la mi-avril.
La manifestation parisienne, entre la Place de la Nation et Bastille, a réuni 4 600 personnes selon la police, et 10 000 à 15 000 personnes selon la CGT. En tête de cortège une banderole demandait "Stop à la casse des retraites". Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a prévenu que ces manifestations n'étaient qu'un "début". "C'est une mise en jambes, une initiative indispensable pour que le débat soit public dans le pays", a-t-il insisté. Alors que le ministre du travail ne propose aux syndicats qu'une concertation, ceux-ci revendiquent une "vraie négociation". Pour le secrétaire général de la FSU, Gérard Aschieri, il s'agissait également "que l'on n'escamote pas le débat" face à "la mécanique implacable" défendue par le gouvernement aboutissant "à avoir moins de retraites même en travaillant plus longtemps".
FAIRE BLOC
Des manifestations ont eu lieu en régions. Plusieurs milliers de personnes ont répondu à l'appel des syndicats à Lyon (entre 2000 et 5000) et Marseille (entre 1500 et 10 000). Ils étaient également des centaines à manifester à Toulouse (entre 900 et 3 000), Bordeaux (entre 1 000 personnes et 1 500), Lille (entre 900 et 1 500), Rennes (entre 600 et 1 500), et dans de nombreuses autres villes françaises (Strasbourg, Rouen, Nantes, Saint-Brieuc, Angers, Brest, Le Havre, Tours, La Rochelle, Angoulême, Roanne, Clermont-Ferrand, Grenoble).
Une intersyndicale se réunira lundi pour confronter les revendications et tenter d'établir une plate-forme commune afin de "faire bloc" devant le gouvernement, selon l'expression du président de la CFTC, Jacques Voisin. Pour les syndicats, le faible taux d'emploi des seniors (55-64 ans) en France - 38,1 % en 2006 contre 43,6 % en moyenne dans l'Union européenne - rendrait "inefficace et injuste", selon les termes de la CFDT, un allongement de la durée de cotisation.
Patronat et gouvernement d'un côté, syndicats de l'autre, affichent leurs désaccords sur la réforme du système de retraites. Et ce malgré des constats communs : importance du déficit de la caisse nationale d'allocations vieillesse (CNAV) ; nécessité de préserver le système par répartition, marque de la "solidarité intergénérationnelle". Samedi 29 mars, la CGT, Solidaires et la FSU appelaient les salariés à manifester à Paris "pour défendre les retraites".
d'après le monde du samedi 29 mars 2008
Certification NF
Six associations, et le 1er SSIAD parisien, certifiée NF "services aux personnes" au sein d'UNA PARIS, depuis peu. Dans un secteur en plein développement, qui s’ouvre à de nouveaux acteurs, la norme NF « Services aux personnes à domicile » (norme AFNOR NF X 50-056) est une marque objective d’expérience et de professionnalisme et un gage de qualité de prestation. Ce label devrait faciliter le choix des personnes et de leur famille. UMC SOCIAL a donc rejoint l'ADIAM ASAD et AMSAD dans le club très fermé des structures d'aide et de soins à domicile certifiés. 9 autres associations adhérentes à UNA PARIS se sont engagées dans une démarche similaire et vise la certification dans l'année à venir.
Lire l'article sur la norme "NF services aux personnes".
UNA PARIS, lauréat du prix de la Fondation Roche
UNA PARIS, lauréat de l'Appel à projets 2007 de la Fondation Roche "Il n'y a jamais trop d'idées pour mieux vivre la maladie chronique".
La Fondation Roche apportera son aide à la Fédération UNA PARIS qui coordonne le dispositif Achillée au sein de son réseau d’associations en partenariat avec le Comité de Paris de la Ligue contre le cancer qui finance les prestations". Ce dispositif fait appel à de nombreux professionnels (médecins, travailleurs sociaux, associations d’aide à domicile…) et nécessite en effet une grande coordination.
Créé par le Comité de Paris de la Ligue contre le cancer pour répondre à un besoin exprimé par les malades et les travailleurs sociaux, le dispositif Achillée a pour but de faciliter les actes de la vie courante des personnes atteintes de cancer, domiciliées à Paris et non retraitées (ne bénéficiant donc d'aucune prestation légale ou extra-légale). L’intervention à domicile d’une auxiliaire de vie qualifiée permet de soulager les personnes malades au moment où elles en ont le plus besoin. Cette aide matérielle (toilette, habillage, préparation des repas, entretien du logement, aide aux déplacements et aux démarches administratives) s’accompagne aussi d’un soutien moral pour aider le malade à reconstruire son projet de vie dans les meilleures conditions.
Pour en savoir plus sur le dispositif Achillée, cliquez ici.
Contact : B. Gabillaud, chargée d'action sociale et santé UNA PARIS.
Pour un véritable droit à l'aide & à l'accompagnement à domicile
"Il est urgent de distinguer l'outil d'évaluation donnant accès à un dispositif financier de l'analyse de la situation de la personne ou du diagnostic de la situation du groupe familial" estime le réseau UNA (Union nationale de l'aide, des soins et des services aux domiciles) dans une lettre ouverte adressée à la secrétaire d'Etat à la Solidarité, Valérie LETARD, à la suite de son congrès.
UNA inscrit ces revendications dans le cadre d'un droit au soin, à l'aide et à l'accompagnement à domicile qui devrait être "reconnu comme un droit fondamental" et figurer comme tel dans le code de l'action sociale et dans le code de la santé. Un droit qui devrait prévoir que les personnes et les familles "décident, ou au moins (sont) parties prenantes" dasn l'élaboration des diagnostics, des plans d'aide et des projets de vie qui les concernent, grâce notamment à une information complète sur les modes d'intervention à domicile qui leur permettrait de "faire des choix éclairés".
L'Union estime par ailleurs que la création d'un cinquième risque ne se fera pas sans que des ressources supplémentaires soient dégagées et, sous-réserve d'un grand débat public, les Français acceptent une augmentation de la CSG.
Pour plus d'informations : consulter le site UNA.